samedi 15 janvier 2011





L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde (en anglais, Strange Case of Dr Jekyll and Mr Hyde) est une nouvelle écrite par Robert Louis Stevenson et publiée en janvier 1886. Elle conte l'histoire d'un notaire, Gabriel John Utterson, qui enquête sur le lien étrange entre Edward Hyde et le docteur Henry Jekyll.

Le Docteur Jekyll, un philanthrope obsédé par sa double personnalité, met au point une drogue pour séparer son bon côté de son mauvais. C'est ce dernier qui, nuit après nuit, prendra finalement le dessus et le transformera en monstrueux Monsieur Hyde.

Cette nouvelle est devenue un concept central dans la culture occidentale du conflit interne du sens de l'humanité entre le bien et le mal.

Elle peut se lire comme une nouvelle d'épouvante, genre dans lequel elle est considérée comme une œuvre majeure, s'appuyant sur une écriture remarquable et une intrigue très riche. On peut également l'interpréter comme une œuvre sur le dédoublement de la personnalité et l'inconscient décrit par la psychanalyse.

C'est également une allégorie significative sur la tendance victorienne à l'hypocrisie sociale. Cette histoire a fait l'objet d'un nombre très important de pièces de théâtre et de films.

Mattoti et Kramsky l'ont, eux, adaptée en bandes dessinées. Les dessins au pastel de Lorenzo Mattoti sont une opposition permanente de noir bleuté et de rouge illuminé. L'opposition permanente de la lumière et des ténèbres, mais une lumière couleur de feu qui consume tout sur son passage. La première partie de cette très belle BD est très fidèle au livre de Stevenson, mais ensuite c'est le côté sombre de Hyde, sa cruauté, sa luxure, ses meurtres qui sont décrits dans le moindre détail. Ce qui a attiré les auteurs, c'est la représentation du mal. Et Hyde n'est pas le seul acteur de cette pièce sinistre.

Policier à New York depuis douze ans, Lamar est un Noir à la taille imposante. Quand un carnage se produit dans un lycée de Harlem, il est appelé sur les lieux. Un élève de dix-sept ans vient de tirer sur tous ceux qu’il croisait, causant quatorze morts et vingt-et-un blessés. Le jeune tueur est bientôt retrouvé dans le local clos où il s’est suicidé. Complètement effrayé, l’élève Chris DeRoy est découvert caché dans la même pièce. Ayant rassemblé toutes les dépositions, Lamar reconstitue la sanglante matinée du tueur. Celui-ci étant mort, l’affaire est vite close. Mais dix jours plus tard, un deuxième carnage endeuille une école du Queens. Là encore, c’est un élève qui a abattu plusieurs victimes, avant de se suicider. L’analyse des armes utilisées par les deux tueurs indique qu’il existe un lien.

Une nouvelle tuerie se produit dans un autre établissement. Trois carnages en trois semaines selon le même scénario, avec suicide des jeunes tueurs, il n’y a plus de hasard. Il est évident pour Lamar que quelqu’un se cache derrière cette série criminelle. Selon les témoignages, les tueurs étaient des adolescents sans problèmes, un peu solitaires, pas réputés dangereux. L’expert en balistique relève pourtant un indice capital, qui pourrait remettre en cause les suicides volontaires des coupables.

Au lycée de Harlem, si le gardien Quincey est plutôt coopératif, le directeur McLogan ne cache pas son hostilité envers le policier. Néanmoins, Lamar parvient à glaner quelques renseignements. L’un des élèves, à la scolarité problématique, ferait un bon suspect. Un suspect unique. L’adolescent ne se trouve pas au domicile de ses parents quand Lamar et Doris vont l’y chercher. Par contre, dans la cave où il se réunit avec des amis, les policiers découvrent des éléments capitaux. Il faut retrouver leur suspect avant un quatrième carnage…

Le lecteur comprend vite que l’hypothèse d’origine (un tueur par carnage) est trop simple. Mais s’il existe un “exécuteur”, il y a certainement aussi un “commanditaire”, l’un et l’autre n’étant pas si facilement identifiables. Quant au mobile des assassins, il est parfaitement crédible. Néonazisme, extrémisme, haine raciale, tous les ingrédients d'un cocktail explosif. On retrouve la narration fluide et précise de l’auteur. Ce suspense, plus bref que ses romans habituels, offre une facette séduisante de Maxime Chattam, et laisse le goût amer d'un réalisme effrayant.

vendredi 14 janvier 2011

Il faut tourner la page

Claude Nougaro

Il faut tourner la page
Changer de paysage
Le pied sur une berge
Vierge
Il faut tourner la page
Toucher l'autre rivage
Littoral inconnu
Nu
Et là, enlacer l'arbre
La colonne de marbre
Qui fuse dans le ciel
Tel
Que tu quittes la terre
Vers un point solitaire
Constellé de pluriel
Il faut tourner la page...
Redevenir tout simple
Comme ces âmes saintes
Qui disent dans leurs yeux
Mieux
Que toutes les facondes
Des redresseurs de monde
Des faussaires de Dieu
Il faut tourner la page
Jeter le vieux cahier
Le vieux cahier des charges
Oh yeah
Il faut faire silence
Traversé d'une lance
Qui fait saigner un sang
Blanc
Il faut tourner la page
Aborder le rivage
Où rien ne fait semblant
Saluer le mystère
Sourire
Et puis se taire

samedi 25 décembre 2010

Dans ce troisième opus, Camilla Läckberg nous fait suivre deux récits parallèles. Celui de l'assassinat de cette petite fille et celui de la vie d'une jeune fille de la haute bourgeoisie suédoise des années 20.
Si la cohérence entre ces deux récits est sous-jacente mais jamais claire et bien définie, on ne trouve le lien entre les deux récits que très tardivement, presque au même moment que Patrick Hedström.
Une réflexion intéressante sur les haines familiales, sociales, et comment nos propres obsessions peuvent avoir des répercussions bien au-delà de nous-mêmes.

Camilla Läckberg ne se concentre jamais uniquement sur l'intrigue policière mais s'attache à dépeindre la Suède contemporaine qu'elle connait, loin de Stockholm. Erika découvre une nouvelle vie, sa vie de mère qui s'avère plus compliquée qu'elle ne l'aurait cru. De relations tendues en petits bonheurs, Erika Flack se réinvente. Patrick aussi est chamboulé par l'arrivé de leur bébé et il ne sait pas toujours bien gérer des situations tendues entre sa compagne et sa mère. La soeur d'Erika s'enfonce de plus en plus jusqu'au point de non retour ...

Si l'on reste passionné par la trame de l'histoire et la vie de ces personnages que l'on suit maintenant au travers de plusieurs livres, la lecture de cet opus s'est quand même révélée parfois fastidieuse; le récit est haché, dispersé, on saute, dans des paragraphes parfois brefs, en permanence d'une histoire à l'autre, d'une époque à l'autre. Il y a une intrigue principale, avec quelque ramifications, mais on a surtout l'impression que l'auteur s'empresse de mettre en place de nouveaux pions sur les différents protagonistes de façon à préparer le roman suivant ... La deuxième partie du livre a été de ce fait plus agréable à lire que la première, dans laquelle, il faut l'avouer, on s'ennuie un peu. Cependant, les personnages d'Agnès et Lilian, le cheminement de leur perversité et du mal qui les ronge sont tout à fait effrayants et passionnants à la fois.

lundi 29 novembre 2010

Un des plus beaux romans de Pierre Benoît ...

Dans sa grande propriété du Sud-Ouest, Alberte de Vidrac, une belle veuve de quarante ans, mène une vie austère, seule avec sa bonne. Alberte n'a jamais connu l'amour, et s'est résignée à se cloîtrer moralement. A Paris, sa fille Camille poursuit de brillantes études. Autant Alberte est rêveuse et repliée sur elle-même, autant Camille est vive, active et hardie dans sa carrière. Lorsque la jeune fille présente à sa mère Franz, un bel et savant ingénieur d'origine polonaise, qu'elle aime et doit épouser, Alberte est troublée, submergée par un sentiment qu'elle ne peut contrôler et qui ressemble à la passion. Comme si, après toutes ces années, elle se mettait enfin à vivre. Peu à peu irrésistiblement attirés l'un vers l'autre, Alberte et Franz se rapprochent. Et Camille assiste à ce jeu pervers et fatal qui va se retourner contre elle. Alberte va enfin vivre la passion, cette passion dévorante où, prisonniers de leurs sens, les êtres basculent dans l'irrationnel. Au prix fort. Au prix de la vie de sa fille. Et lorsque cette passion s'éteindra, sa vengeance de femme et de mère sera impitoyable, pour Franz comme pour elle.

mardi 16 novembre 2010

Surnommée " la huitième merveille du monde ", la Chambre d'ambre a été offerte en 1716 par le roi de Prusse au tsar de Russie. D'abord installée au palais de Catherine, près de Saint-Pétersbourg, elle fut ensuite dérobée par l'armée nazie lors de l'invasion de Leningrad, transportée à Königsberg, avant de se volatiliser en 1945. Cette disparition constitue l'un des plus grands mystères du monde de l'art. Malgré toutes les recherches des collectionneurs, historiens et chasseurs de trésors, elle n'a, en effet, jamais été retrouvée. C'est à cette énigme que va être confrontée Rachel Cutler, juge à Atlanta, lorsque son père, un rescapé de Mauthausen d'origine russe, meurt dans d'étranges circonstances, Iaissant derrière lui les clés d'un secret qui l'a hanté toute sa vie. Sur les traces des oeuvres d'art volées par les nazis, Rachel va mener à travers l'Europe une quête à la fois historique, érudite et périlleuse qui va la conduire à affronter les nombreux mystères de la Chambre d'ambre. On retrouve dans ce roman de Steve Berry, antérieur à la série des Cotton Malone, tout ce qui fait le succès international de l'auteur, un sens de l'intrigue remarquable allié à une véritable érudition. De quoi ensorceler le lecteur de la première à la dernière ligne !